Il était environ cinq heures du matin, sous l’influence d’une pleine lune et d’un gros orage à venir. Ces énergies puissantes facilitaient ma sortie du corps. Pas de frissons, ni de claquements de dents cette fois-ci, juste un silence intérieur amplifié. Mon corps physique, totalement immobile, plongeait dans une profonde détente, tandis que je veillais à ne pas sombrer dans le mental. Un simple état d’attente, jusqu’à ce que mon esprit perde toute représentation cohérente de mon environnement. Je savais que c’était à ce moment précis que je devais activer la circulation énergétique à travers mon corps éthérique.
Rapidement, l’état vibratoire se fit sentir. Je me sentais secoué dans tous les sens. Plus rien n’était visible autour de moi, mais je ne paniquais pas. Je laissais mon GPS interne prendre le relais : m’éloigner le plus loin possible du corps physique. Une sensation de courant d'air me percuta de face, me donnant l'impression d'être allongé, tête en avant. Puis, brusquement, je retombai lourdement au sol, incapable de voir ou de me déplacer correctement.
Je tâchais de marcher, mais la vision restait floue, comme si j'avais une cagoule avec des trous mal placés pour les yeux. Je continuais de marcher, espérant que ma vue s’éclaircirait enfin. Et soudain, je décollai. Le paysage devint plus net. Devant moi s'étendait une grande allée bordée de sapins, un toit rouge dans un style japonais la surplombant. Des hommes habillés à la manière des années 30, bérets sur la tête, moustaches impeccables, criaient dans une langue au ton russe. Une scène digne d’un autre temps.
Je les traversai, mais la sensation me dérangeait. Je m’abritai sous le toit pour observer la scène. D'autres hommes, armés, tiraient dans tous les sens. Je continuai ma route en volant, suivant l’allée jusqu’à une fin abrupte, ressentant un poids grandissant. Un chemin s'enfonçait dans les bois, menant à une vieille bâtisse au toit grisâtre, des bûches coupées à l'entrée.
À l’intérieur, une petite fille blonde aux cheveux bouclés m’observait. Je lui demandai si elle pouvait me voir. Elle hocha la tête. Un verre de lait reposait au sol, destiné sans doute aux chats du quartier. Sans effort, je fis glisser le verre vers elle. "Tu as vu le verre bouger ?" demandai-je, surpris. Elle hocha de nouveau la tête. Puis, de sa petite voix, elle murmura : "Reste avec nous cette nuit."
Elle grimpa un escalier en colimaçon fait de bois, me conduisant à une pièce où une nourrice allaitait deux enfants. Avant que je ne puisse poser davantage de questions, un petit garçon m’attrapa la main et la mordit violemment. Immédiatement, je ressentis un puissant coup d'aspiration au niveau de mon dos, me propulsant de nouveau dans mon corps physique. La douleur de la morsure semblait encore présente, bien que ma main n’affichât aucune trace.
Une seconde aventure commence
Quelques jours plus tard, une autre expérience astrale me tira de mon sommeil. Cette fois, l’objectif était simple : explorer un site légendaire où, d’après un ami médium, des créatures telles que le Yéti avaient été aperçues. La destination était une ancienne église enfouie sous le sable. Mon esprit, toujours en pleine détente, réussit à quitter mon corps avec une fluidité surprenante.
Après un moment, je me retrouvai au-dessus d'une vaste forêt, flottant, recherchant des lieux anciens et oubliés. Je reconnus la forêt de l’église enfouie et fus attiré par un blockhaus particulier. Je descendis vers le sol et tombai face à un soldat, habillé en vert, un casque sur la tête. Il ne me voyait pas, mais l’atmosphère nocturne, teintée d’un bleu lumineux, rendait le lieu inquiétant. Je sentais un malaise grandir en moi, comme si un "bouh" menaçait à tout moment de me surprendre. Je me réveillai subitement dans mon lit, soulagé mais perplexe.
Le lendemain, je visitai physiquement le site. Les panneaux "entrée interdite" et "zone militaire" me firent hésiter, mais je reconnus le blockhaus. Cependant, l’entrée, autrefois ouverte dans mon exploration astrale, était scellée par des parpaings. Un frisson me parcourut l'échine lorsque je découvris une vieille botte de militaire semi-enterrée sous un buisson. Le sentiment d’étrangeté persistait, mais il était temps de quitter les lieux.
Réflexions sur ces expériences
Ces deux expériences, bien que très différentes, partagent un point commun : elles semblent me guider vers des zones oubliées ou des réalités parallèles, où passé et présent se mélangent. Il est difficile de déterminer si ce que j'ai vécu est lié à l’astral, à un rêve lucide extrêmement puissant, ou à une autre dimension. La lucidité et l’interaction avec ces mondes étaient si réelles qu’elles laissent une marque durable dans ma conscience. Peut-être s’agit-il d’un purgatoire, ou simplement d’entités imitant une vie terrestre, mais ces voyages hors du corps continuent de me révéler des mystères fascinants.

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