La nuit dernière, j’ai vécu un très mauvais sommeil, de 10h à 1h, suivi d’une insomnie tenace jusqu’à 4h30. Pendant ces heures, j’ai tenté de trouver refuge dans la lecture pour apaiser mon esprit, mais une appréhension sourde persistait en moi, comme une peur latente. Sentant tous mes sens en alerte, face à un danger invisible, j’ai finalement opté pour un film léger et drôle, dans l’espoir de relâcher cette tension intérieure. Mais malgré cela, la sensation d’un péril imminent demeurait, difficile à cerner.
À 4h30, fatigué de lutter, je me suis imposé une discipline : trouver le sommeil coûte que coûte. Je choisis une position immobile, décidé à ne pas bouger d’un iota, et concentrai mon attention sur la circulation de l’énergie vitale en moi. Chaque frémissement de cette énergie me traversait avec fluidité, comme un courant naturel parcourant mon corps. Le simple fait d’en être témoin, en observation silencieuse, intensifiait son flux.
Mon seul rôle était de maintenir cette conscience, tout en pratiquant une respiration lente et profonde. Chaque expiration, plus longue que l’inspiration, marquée d’une pause subtile en fin de cycle, devenait une clé pour stimuler la rêverie. Je me laissais porter, sans compter, sans formuler de pensées ; juste une plongée consciente dans cet état de calme.
Entre 4h30 et 6h15, à chaque fois que je balançais cette énergie vitale, elle se renforçait et provoquait un phénomène étrange : mon corps semblait changer de position. Ce qui m’a frappé, c’est cette impression persistante d’être encore dans mon corps physique, de n’avoir pas réussi à me désynchroniser de lui. Mais à chaque fois, je me rendais compte que j’avais bel et bien quitté mon corps, sauf une fois où je me suis retrouvé au plafond, observant mon corps immobile dans le lit, dans cette pièce que je connaissais si bien. Je décidais alors de traverser les murs, malgré cette sensation troublante de gravité m’attirant toujours vers mon corps.
Deux expériences particulièrement marquantes se sont détachées du reste. Durant cette période, je jouais une sorte de yoyo, me désynchronisant pour m’aventurer hors du corps, puis y revenant trop rapidement à cause de la proximité.
Dans la première, j’ai traversé le mur de ma chambre. Alors que je luttais pour m’éloigner de cette force qui semblait me tirer en arrière, je suis parvenu à franchir une sorte de grille d’énergie d’un bleu roi intense. L’instant où je l’ai traversée, un sentiment immédiat de liberté m’a envahi. J’étais dehors, sous un ciel différent, avec plusieurs individus qui m’observaient. J’étais devenu une curiosité, une sorte d’attraction. Un homme et un enfant se sont approchés de moi. À ma grande surprise, je reconnus cet enfant : c’était un ancien camarade d’école, mort jeune. Il m’expliqua qu’il était décédé très tôt, mais ne connaissait pas les détails de sa mort. L’homme à ses côtés me les a confiés, avec précision, me rappelant même le nom et la date du décès de mon camarade. C’était comme une invitation à vérifier la véracité de ses dires, une preuve tangible que ce voyage astral n’était pas une simple illusion.La deuxième expérience fut bien plus intense. Une entité sombre, que j’avais ressentie dès le début de la nuit, rôdait autour de moi. Elle attendait patiemment, dissimulée dans l’ombre, que je termine mes explorations pour se manifester. La confrontation était inévitable. Je me suis retrouvé à lui faire face, la colère bouillonnant en moi. Je lui ai hurlé dessus avec toute la force que je pouvais rassembler, répétant des "Non", lui ordonnant de partir, de dégager de cet espace où elle n’avait pas sa place. C’était une ombre humanoïde, sans traits distincts, mais son énergie était oppressante et trop proche de mon lit. L’affrontement fut bref, mais d’une intensité rare.
Après cette confrontation, vers 6h15, je me suis réveillé. Étrangement, je me sentais plus léger, comme si la bataille m’avait libéré. Je me suis alors endormi de manière plus paisible, dans une sorte de black-out réparateur, qui m’a tenu jusqu’à 9h15, où je me suis enfin levé, l’esprit encore marqué par ces expériences, mais reposé.

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