« Se fier aux récits officiels revient à prendre pour argent comptant les paroles des criminels » (adapté de Simone Weil).
Il était autrefois un jeune homme astucieux, fatigué du labeur agricole, qui décida de changer son destin. Avec l'aide de quelques comparses, ils dérobèrent des armes et des montures et s'aventurèrent à conquérir les terres environnantes, lui en tête, comme un chef de guerre.
Leur entreprise réussissant, ils étendirent leur domination sur toute la province en imposant un tribut aux paysans locaux. En vieillissant, le jeune homme choisit la plus belle femme de la région, assurant ainsi son confort et celui de ses descendants. Ses enfants, éduqués dans l'art de la guerre, perpétuèrent ses méthodes.
La dynastie de l'usurpation Les générations suivantes maintinrent leur autorité par la force, se considérant comme les légitimes propriétaires des terres, bien que les paysans y voient une usurpation. Avec l'aide de quatre puissants alliés — l'Armée, la Justice, la Religion et l'Argent — ils consolidèrent leur pouvoir.
L'Armée réprimait toute rébellion. La Justice empêchait les petits voleurs de menacer le pouvoir établi. La Religion pacifiait les masses en leur inculquant que l'ordre social était divinement ordonné. Quant à l'Argent, il restait l'apanage exclusif des dirigeants, peu de paysans ayant accès à la monnaie d'or.
Évolution en royaume Au fil des siècles, des royaumes se formèrent, dominés par des aristocraties issues de ces familles de brigands. Se proclamant rois par droit divin, ils étaient soutenus par l'armée, la justice et la religion, et contrôlaient la monnaie.
La révolte et la réforme L'injustice chronique finit par engendrer une révolte, menée par des idéalistes dégoûtés par le système. Cette insurrection renversa la dynastie, mais le cycle de violence et d'oppression persista sous différentes formes.
Le cycle se perpétue Malgré les tentatives de réforme, le système de prédation et d'exploitation se maintint, se transformant simplement pour s'adapter aux nouvelles époques. Ainsi, même aujourd'hui, les descendants de ces anciens voleurs continuent de régner, souvent masqués derrière des façades de démocratie et de justice.

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