C'était une nuit exceptionnellement chaude, où l'air semblait manquer d'oxygène, exacerbant la transpiration et attirant une horde de moustiques persistants. Le sommeil, perturbé par ces conditions, s'avérait pratiquement impossible, compromettant la perspective d'une journée productive. Vers trois heures du matin, face à l'assaut continu des moustiques, je décidai de quitter ma chambre pour une autre pièce, en quête de repos. Enveloppé dans un drap frais, je m'allongeai sur un canapé en cuir, confortable et accueillant. Seul mon nez émergeait du drap, me permettant de respirer paisiblement.
Malgré l'heure avancée et les désagréments précédents, il semblait que ce changement d'environnement était judicieux. Je commençais à somnoler, conscient des énergies fluctuantes autour de moi, ce qui me permettait de me dissocier de l'identification à mon corps physique, représenté par Yoan. Cependant, le répit fut bref. Peu après, le besoin de retourner dans ma chambre se fit sentir, le canapé ne suffisant plus à mon confort.
En me levant, une sensation de froid saisissante, comme celle ressentie face à un danger imminent, m'envahit. Tous mes sens étaient en alerte, la peur palpable. Cette sensation, souvent associée à une présence, m'invitait à la patience et à la sérénité, bien que je fusse perplexe quant à la raison de mon éveil à une heure si tardive. Debout, figé, je testai la réalité en essayant de pénétrer mes doigts l'un dans l'autre, réalisant que mes mains étaient étrangement translucides.
Puis, je sautai, constatant que ma descente était anormalement lente, prolongeant ma lévitation. Pour gérer cette terreur envahissante, je décidai de m'asseoir en tailleur, flottant à un mètre du sol. J'avais déjà utilisé cette technique et savais qu'il était crucial de conserver mon énergie concentrée pour éviter un retour précipité dans mon corps physique.
Avec une forte connexion ressentie vers mon corps derrière moi, je commençai à répéter intérieurement le Gayatri Mantra, un chant qui invite l'énergie solaire à éveiller en nous l'énergie suprême, pour nous amener à la pleine intelligence:
Om bhur bhuvah svah tat savitur varenyam bhargo devasya dhimahi dhiyo yo nah pracodayat
Ce mantra me calmait, et ma lévitation cessait, mes pieds touchant de nouveau le sol. Alors que je tournais la tête vers la droite, je vis distinctement une femme en robe et chapeau rouge, semblant appartenir à la fin du 19ème siècle. Surpris mais calme, je lui demandai : "Mais qui êtes-vous ?" Elle répondit nonchalamment : "Mais je suis la baronne." À cet instant, je réintégrai brusquement mon corps physique, les yeux grands ouverts.

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